Les Témoins

James Dunning
4e Commando, Royaume Uni

Pendant l’opération, lorsque nous nous sommes retirés de Varengeville, nous sommes rentrés directement et nous supposions évidemment que tout allait bien, nous étions extrêmement heureux parce que nous avions atteint nos objectifs et nous n’avions aucune idée sur le reste de la bataille. Les jours suivants les annonces des journaux et de la radio dirent que le raid sur Dieppe avait été mené jusqu’au bout et que nous avions donné aux Allemands une sérieuse leçon. Et cela continua, ce ne fut pas avant de nombreuses semaines voire des mois que nous apprîmes les pertes tragiques des Canadiens. Il était intéressant à savoir que l’une des raisons qui nous permit de savoir la vérité c’est que les Allemands larguèrent sur Hamshire, près de la côte, des tracts dans lesquels ils expliquaient comment ils avaient fait échouer le raid.



Pierre L’Hours
FNFL – il est resté sur l’île de Wight au Royaume Uni

À l’armistice quand De Gaulle est venu en Angleterre, nous avons entendu son appel, et avec sept camarades qui étaient avec moi sur le « Normandie », nous avons décidé que c’était notre devoir de rallier la France Libre.



 

Brereton Greenhous
Historien, Canada

Les membres de l’État-Major des Opérations Combinées n’avaient pas de réelles compétences. Beaucoup d’entre eux étaient-là pour des raisons d’appartenances sociales. Ils étaient des relations mondaines de Lord Mountbatten qui les fit venir après le départ du précédent Chef des Opérations Combinées, Lord Keyes, qui était lui un homme caustique à l’esprit très pratique, pas anti-social mais plutôt du genre à vouloir des compétences professionnelles.



Béatrice Richard
Historienne et journaliste, Canada

Je pense que les gens de Dieppe ont dû être très marqués par ce qui s’est produit. Quand on voit l’opération dans son ensemble et ses conséquences, on voit bien quand même, c’était un coup très fort. Alors, c’est sûr, ça a du marquer les mémoires et les gens d’une cer- taine façon, les gens ne peuvent pas oublier. Ça se transmet dans les familles ces histoires-là, ça se transmet dans les familles avec tout le côté, mythique, romantique, que peuvent avoir les histoires que l’on se transmet de bouche à oreille, de génération en génération, puis en même temps avec toutes les petites inexactitudes parce qu’avec le temps on arrange, on essaye toujours d’arranger une histoire pour qu’elle soit plus belle, plus terrible. Mais c’est ça la mémoire, c’est vivant.


Lise Poliquin
Sœur de Robert Boulanger – Grand mère, Canada

Cela a été un moment difficile et triste parce que quand Robert a débarqué, il a eu une balle en plein front, c’est ce qu’ils nous ont dit puis cela nous a marqué. Puis, il a écrit la lettre d’adieux à ses parents. On aurait dit qu’il le ressentait qu’il n’était pas pour revenir. Puis, il a écrit la lettre. Cette lettre a été très difficile à lire.



Pierre Vennat
Journaliste et historien, Canada

Quand j’ai dit Dieppe n’aurait pas dû avoir lieu en fait, c’est le titre que mon éditeur a choisi pour accrocher. Moi, j’aurais dit ne pas dû avoir lieu de cette façon-là, c’était un massacre, c’était mal mené. Pour donner à Staline son deuxième front, et pour donner à Mountbatten la chance de parader.



 

Sœur Agnès Marie Valois
Monastère Sainte Marie – Dieppe, France

Je suis très heureuse parce qu’au moins, on a accompli un beau devoir, pas seulement moi, mais toutes les Sœurs qui étaient avec moi. Nous étions huit religieuses. Et il a fallu qu’on se batte, on se levait la nuit pour faire les pansements des malades, parce qu’on avait des difficultés.